Tout est rentré dans l’ordre après deux semaines d’agitations à la police municipale de Ouagadougou. Cet matin, le directeur général, Sylvestre N’Do, qui n’avait plus accès aux locaux de la police, a retrouvé son bureau après avoir reçu les honneurs de la troupe, rassemblée dans la cour. Comme si de rien n’était !

La crise avait éclaté le 28 mai dernier. Rassemblés dans un Collectif, les policiers municipaux avaient formulé des revendications, consignées dans une plateforme de neuf points adressée à leur chef. Ils exigeaient entre autres, le relèvement du niveau de recrutement, du certificat au brevet d’études du second cycle, la reconstitution de la carrière de tous les agents, le reversement de tous les policiers à la Carfo et l’augmentation du fond de motivation sur les recouvrements. Ils souhaitaient également que le conseil municipal délibère et accorde 25% sur les services payés, et la mise en place d’un comité de suivi et de partage des services payés avec une clé de répartition bien définie.
Estimant avoir suffisamment patienté sans résultat, ils sont passés à une forme de revendication qui n’est pas courante chez les corps habillés. Leur colère s’est dirigée vers le directeur général qu’il accuse de n’avoir rien fait pour faire aboutir leurs revendications. Pis, ils auraient appris que leur chef était le principal obstacle à la satisfaction de leurs doléances. Ils sont donc allés lui dire les quatre vérités en le sommant de démissionner sous les 72 heures. Nous sommes le 28 mai. A l’expiration de l’ultimatum, ils reviennent à la charge. Bien évidemment, le DG refuse d’obtempérer et en guise de réponse, leur annonce qu’il ira rendre compte à la hiérarchie, en l’occurrence, le maire de la commune de Ouagadougou, Armand Béouindé. Lequel oppose un niet catégorique. Les réunions de crise se suivent et se ressemblent. Les poulets tiennent à la satisfaction de leur plateforme ou rien, à commencer par la démission de leur chef. Les esprits s’échauffent parfois, mais le dialogue n’a jamais été rompu entre le Collectif et le cabinet du maire.
Hier après-midi, une longue réunion convoquée par le ministère de l’Administration territoriale a finalement permis qu’un accord soit signé, mettant fin à la crise.
Sur le relèvement du niveau de recrutement, le manque d’information a été la cause de la brouille. "C’est un décret qui a défini les critères de recrutement et indiqué que les agents sont recrutés avec le niveau certificat. Il n’appartient donc pas au maire, encore moins au DG de la police municipale, d’apporter le changement", explique un juriste.
Le maire de la commune s’est engagé à faire un plaidoyer auprès du gouvernement pour que les textes soient revus d’ici mi-juillet. Sur le reversement à la CARFO qui devrait concerner environ 250 agents, les policiers ont obtenu l’engagement du gouvernement à examiner de près la question.
"La crise est maintenant terminée", déclare le DG. Et pour ramener le calme et créer la confiance au sein de la troupe, puis entre la troupe et le commandement, aucune mesure punitive ne sera prise contre ceux qui sont se sont comportés violemment lors de la crise.
Cet après-midi, les policiers ont rejoint leur poste sur le terrain et dans les jours à venir, ils seront mobilisés pour assurer la sécurité dans les centres d’examen du certificat d’études primaires.

Kaceto.net

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