Plusieurs présumés terroristes ont été neutralisés et une centaine autres interpellée, a annoncé le Chef d’Etat-major général des armées (CEMGA), le général de brigade Moïse Miningou, vendredi à Fada N’Gourma, au cours d’un point de presse, pour présenter le bilan de l’Opération Otapuanu, en cours dans les régions de l’Est et du Centre-Est.

Selon le CEMGA, le bilan de l’opération baptisée Otapuanu (ou encore Pluie de feu ou de Foudre, en Gulmacema), fait également état de sept « vaillants » combattants pour la patrie, tombés sur le champ d’honneur.

Déclenchée le 7 mars 2019, l’opération, après la phase « reconnaissance offensive », vient d’amorcer une autre étape, dénommée « stabilisation de la zone ». A l’issue de celle-ci, interviendra la phase « consolidation ».

A mi-chemin, le général de brigade Moïse Miningou, par ailleurs commandant du théâtre de Otapuanu, s’est dit satisfait des résultats engrangés. « D’une manière globale, les objectifs que nous nous sommes assignés ont été atteints. Parmi ceux-ci, figure la restauration de l’autorité de l’Etat », a-t-il affirmé.

Pour étayer cette affirmation, l’homme fort de Otapuanu a assuré que l’opération a permis, d’une part, de redonner un « grand » espoir aux populations de l’Est et du Centre-Est et, d’autre part, de renforcer la confiance entre elles et l’Etat.

Selon lui, cette lueur d’espoir est à mettre à l’actif d’hommes courageux, déterminés et dévoués, mais aussi de populations de plus en plus favorables à la collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (DFS).

Avant de traduire sa reconnaissance aux troupes engagées dans l’opération, il a eu une pensée spéciale aux familles endeuillées et aux neuf blessés au front.

Le Bataillon Badenia 6 en renfort

A la suite de cet exposé, le conférencier a ouvert les échanges avec les journalistes. Quelle sera la suite de l’opération ? Que répondez-vous aux accusations d’exécutions sommaires ? Qu’en est-il de la collaboration entre l’armée burkinabè et les armées des pays frontaliers avec la zone de l’opération ? Confirmez-vous les rumeurs qui font état de l’arrestation du chef des terroristes dans la région de l’Est ? Combien de terroristes ont été neutralisés ?

A ces interrogations, le général de brigade Moïse Miningou, a apporté quelques éléments de réponse.

Concernant la préoccupation sur la suite à donner à l’opération, il s’est voulu rassurant. « Le Bataillon Badeya 6 qui était au Mali a été relevé et déployé dans la zone de l’opération Otapuanu. Avec tout ce personnel, nos ennemis n’auront plus la liberté d’actions. Nous savons que le risque zéro n’existe pas, mais nous sommes très confiants », a-t-il dardé.

Quant à la question relative aux suspicions évoquant des exécutions sommaires, le CEMGA a répondu qu’il n’en est rien. Il a coupé court : « nous n’avons jamais exécuté des tirs sur des hameaux de villages. Tous les tirs ciblaient des repères de terroristes dans les forêts classées ».

Au sujet de la collaboration avec les armées voisines, le général de brigade Miningou a souligné que ses troupes ont mené des actions, le long des frontières, de concert avec les armées sœurs du Togo, du Benin et du Niger. En retour, il leur a manifesté sa gratitude pour cette précieuse contribution.

« Garder haut le flambeau de l’engagement militaire »

En ce qui concerne les rumeurs sur l’arrestation d’un chef terroriste, le CEMGA a fait savoir qu’à l’étape actuelle des enquêtes, il n’est pas à mesure de confirmer ou d’infirmer l’information. « En tous les cas, nous avons arrêté des gens que nous avons assimilés à des leaders terroristes. Mais, nous attendons les conclusions de l’enquête pour en savoir davantage », a-t-il expliqué.

A la question relative au nombre de « terroristes neutralisés », le CEMGA a répondu qu’il ne voit pas l’importance de communiquer de tels chiffres.

« Ceux d’en face sont des Burkinabè, ce n’est pas avec joie que nous les neutralisons. Mais si nous sommes obligés de le faire, nous le ferons sans état d’âme », a-t-il martelé.

Ce qui est important pour lui, c’est de savoir que la mission a porté fruit, notamment avec la réouverture de plus d’une centaine d’écoles, fermées autrefois pour fait d’insécurité.

Avant de clore la conférence, le général de brigade Miningou a lancé un appel au Bataillon Badeya 6, venu en renfort, et à l’ensemble des troupes à continuer à garder haut le flambeau de l’engagement militaire de sorte que Otapuanu ramène définitivement la paix et la sécurité dans les régions de l’Est et du Centre-Est du Burkina Faso.

En outre, il a remercié, particulièrement, les populations et les autorités administratives, coutumières et religieuses desdites régions pour leur soutien aux troupes déployées, souhaitant que cette collaboration soit renforcée pour la victoire finale face à l’ennemi.

Outre la dimension militaire, plusieurs actions humanitaires ont été menées, gracieusement, par l’armée à la faveur de la Force Otapuanu. Il s’agit de la campagne d’établissement de 1200 CNIB et des services médicaux au profit des populations.

AIB

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