Journée de travail très fructueuse pour le Premier ministre et son gouvernement qui étaient face aux opérateurs économiques burkinabè. Le chef du Gouvernement a échangé avec les acteurs du secteur privé autour de leurs préoccupations, dans le cadre de la rencontre État/secteur privé qui se tient à Bobo-Dioulasso. Une première journée de travail très chargée pour les deux parties qui ont échangé dans une ambiance bon enfant.

Après une cérémonie d’ouverture marquée par des discours et des communications, les acteurs du secteur privé et le gouvernement ont eu un dialogue direct. Un face à face très riche en questions-réponses, et qui aura duré de 8h à 16h30. Tour à tour, les hommes d’affaires dans leur diversité et à travers leurs différentes organisations faîtières, ont pris la parole, pour exposer leurs problèmes.
Ces préoccupations ont trait notamment à la question foncière, au transport, aux infrastructures routières. A cela, s’ajoutent notamment, la réouverture des frontières terrestres, la lutte contre la fraude, les retards de payement des factures, les impôts et taxes, les difficultés dans le secteur du BTP, la nécessité d’encourager la consommation des produits locaux...
Bref, les opérateurs économiques, mobilisés en nombre et en qualité ont participé de manière très active aux travaux, témoignant ainsi de toute l’importance de la rencontre. A toutes les questions posées, Christophe Joseph Marie Dabiré a proposé une démarche globale, en apportant des réponses précises et appropriées.
Par exemple,dans le domaine du foncier, les acteurs de la promotion immobilière estiment êtres lésés, car ne bénéficiant pas assez de soutien du gouvernement pour mener à bien leurs activités. En guise de réponse, le Premier ministre Christophe Joseph Marie Dabiré a réitéré la permanente présence du gouvernement aux côtés des promoteurs immobiliers sérieux.
Toutefois, il a marqué son désaccord face à la spéculation foncière à laquelle s’adonnent bien d’acteurs. M. Dabiré dit
avoir constaté avec regret, une course effrénée de ces acteurs à la recherche des terres, avec la complicité des propriétaires terriens. Une attitude jugée inacceptable selon lui.
En effet poursuit-il, de nos jours, l’Etat lui-même peine à avoir des terrains pour des investissements structurants au profit de l’intérêt général, tels les centres de santé et les écoles.Il a réaffirmé sa volonté de poursuivre la mise en œuvre des recommandations de la Représentation nationale, à l’issue de l’enquête parlementaire sur la situation foncière au Burkina Faso. Le ministre du Commerce, Harouna Kaboré a prévenu également que tous les opérateurs économiques qui disposent de terrains inexploités dans les zones commerciales, se verront exproprier, au profit de ceux désireux d’investir.


La question de l’ouverture des frontières est revenue sur la table des discussions.
Les transporteurs ont estimé que le gouvernement doit accélérer les procédures, afin de permettre la reprise du trafic.Face à cette préoccupation, le Premier ministre a déclaré que le gouvernement, sous la supervision du Chef de l’Etat, travaille à minimiser les effets néfastes de la Covid-19 sur les activités des opérateurs économiques. Il a estimé qu’il est temps de travailler à ne plus satisfaire les intérêts de quelques individus, au détriment de l’intérêt général. Selon lui, l’ouverture des frontières préoccupe le Chef de l’État qui tient à ce que les conditions soient au préalable réunies, cela en parfaite intelligence avec les autres pays de l’espace UEMOA.
Le ministre des transports a précisé du reste qu’il ne sert à rien d’ouvrir les frontières, si les autres pays ne le font pas.Vincent Dabilgou a ajouté qu’une étude est en cours au niveau de l’UEMOA.
Une autre préoccupation importante, c’est la construction des voies de contournement pour faciliter l’accès au port sec de Bobo-Dioulasso en extension. Le ministre des infrastructures Eric Bougouma a rassuré que c’est un engagement qui sera tenu.
Les surcharges sur nos routes, le transport de personnes via les tricycles, destinés au transport des marchandises, la question de la concurrence déloyale, la mévente des œuvres artistiques et la création d’un Fasowood pour la valorisation des films burkinabè, la promotion de la musique, la revalorisation salariale des ouvriers des unités industrielles, ont été aussi évoquées par les participants à cette rencontre. A cela, s’ajoutent la fraude et les retards dans le règlement des factures des marchés publics, et qui sont également des goulots d’étranglement au développement du secteur privé. Sans avoir abordé ces questions dans les détails, le Premier ministre dit avoir pris bonne note de toutes les inquiétudes soulevées. Certaines sont du reste assorties de propositions qu’il juge très enrichissantes.
Ce mardi, la troisième édition du CODESP entamera sa seconde et dernière journée de travaux. Des recommandations et résolutions fortes seront formulées, dans le souci de juguler les maux qui freinent dangereusement le développement économique et harmonieux de notre pays.