Lynchage des agents du CCVA, meurtre d’un agriculteur et d’un jeune berger, deux personnes tuées par un VDP dans un marché, etc., le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés est indigné par toutes ces atteintes aux droits de l’homme et demande au gouvernement de "renforcer les capacités opérationnelles de la justice en donnant la force à l’exécution des décisions de justice".

Le 27 août 2021, c’est avec une grande tristesse que le CISC a appris le décès accidentel de l’enfant Kambou Sami Ambroise à Banlo dans la commune rurale de Bouroum-Bouroum au Sud-Ouest du Burkina Faso. A la tristesse s’ajoute l’indignation au constat que cet accident a été suivi du lynchage des trois agents du CCVA dont le véhicule était impliqué dans ledit accident. Il s’agit de : OUEDRAOGO Arouna, NABA Yentema Edmond et NARE Jacques.
Ce drame de Banlo qui a créé un véritable choc au niveau national, a été de plusieurs autres cas de lynchages et tueries commis en moins de 10 jours dans d’autres localités du Burkina Faso :
- le 31 août 2021, un Volontaire pour la défense de la patrie (VDP) a fait usage de son arme à feu, tuant deux personnes civiles non armées à Napadé, commune de Soudougui dans le Koulpélogo, pour dit-on une affaire de place dans un marché. Par la suite, les parents des victimes seraient allés tuer le papa du VDP (lui-même ayant pris la fuite) ;
- le 5 septembre à Boudièri, commune de Kantchari, un agriculteur a tué un jeune berger de 12 ans au motif que ses animaux se seraient retrouvés dans son champ. Le 7 septembre, les parents de la victime sont allés, à leur tour, tuer l’auteur du crime au centre médical de Kantchari malgré qu’il était sous escorte des élément de la Brigade de gendarmerie de la localité.
Tous ces cas de lynchage rappellent plusieurs autres cas dont les événements douloureux de Nafona (Comoé) où des populations avaient lynché deux éléments de la police nationale le 12 janvier 2019.
Foncièrement attaché aux principes d’un Etat de droit véritable, et inquiet de l’exacerbation de la violence, de la haine, de la justice privée, et du niveau d’intolérance, le CISC :
- présente ses sincères condoléances aux familles des victimes de ces différents drames et souhaite que toute la lumière soit faite sur ces différents crimes car nul n’a le droit de se rendre justice dans un Etat de droit ;
- dénonce la diffusion sur des médias et réseaux sociaux des propos diabolisant et stigmatisant à l’encontre des populations du Sud-Ouest. Le CISC tient à attirer l’attention de tous sur le fait que les cas de lynchage ne sont pas propres à une communauté particulière. Les différents cas sus-cités le démontrent à suffisance ;
- félicite l’attitude responsable des leaders politiques et d’opinion du Sud-Ouest qui ont non seulement condamné le comportement des criminels de Banlo, mais ils ont également entamé certaines actions en vue de mettre fin à ces dérives imputables à quelques individus, mais préjudiciables à tous ;
- a appris que la justice s’en est saisi et des enquêtes ouvertes, en tout cas pour ce qui concerne les cas les plus récents, s’en félicite et encourage les autorités judiciaires à traiter avec célérité tous les dossiers de crimes dont le non traitement participe à la fragilisation de la cohésion, l’unité nationale, mais aussi a pour conséquence le recours à la justice privée ;
- attire l’attention du gouvernement, les amis et partenaires du Burkina Faso, les organisations de défense des droits humains, les médias et l’opinion publique sur l’impératif de renforcer les capacités opérationnelles de la justice en donnant la force à l’exécution des décisions de justice.
Pour le Bureau Exécutif,

Dr Daouda Diallo
Ouagadougou le 15 septembre 2021
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